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Nos journées à Phu Quoc

Demain, nous quittons l’île. Nous l’avons sillonnée, du Sud au Nord, enfourchant notre scooter au gré du vent, du soleil de plomb, et de la dalle irrégulière. Partout, des constructions d’hôtels démesurés, laissées à l’abandon, qui laissent un goût d’amertume inachevée. Du plastique, des morceaux de verre sur le sable. Il faut se baigner avec les tongs. Tout au Nord, après avoir suivi une longue piste de terre rouge, une plage sublime qui se dessine et qui allonge son bras vers une île. En s’approchant, des détritus partout. La plage est une poubelle géante, grande ouverte, jonchée de prémisses d’hôtels de luxe laissées à l’abandon. Les ouvriers semblent être partis précipitamment, peut être pour fuir un ouragan. Impossible de se baigner. Impossible, sur le chemin du retour, de nous arrêter un moment dans le parc national, divisé par une longue quatre voies. Impossible d’accéder aux belles plages du Nord, réservées aux hôtels en construction ou en abandon. Impossible de profiter de ce cadre merveilleux, gaché par ces murs, ces bouteilles, ces cannettes, et même son parc d’attraction. Je commence à comprendre qu’il faudrait peut être cesser de penser avec ma culture et mes aprioris d’occidentale pour saisir cette île dont les pas vers le tourisme de masse sont si grands que certains finissent par en être pétrifiés.

Pause sur une autoroute en construction au milieu de vaches

Pause sur une autoroute en construction au milieu de vaches

Vers le Sud, nous empruntons une route qui n’apparait pas sur Google Maps. L’île change si vite que la technologie a du mal à suivre. D’ailleurs, les commentaires du Lonely Planet sont obsolètes. La route, parfois chemin de terre, traverse d’immenses chantiers d’hôtels en devenir qui poussent comme des champignons après une bonne pluie. Les touristes seront-ils suffisamment nombreux pour en profiter ? Nous en doutons, car de nombreux restaurants et hôtels sont déjà vides. Vides des touristes russes qui désertent l’île depuis la chute du cours du rouble.

Sao Beach

Sao Beach

Un après-midi, sur un sentier à la recherche de Sao Beach, nous crevons. Le soleil est au Zenith, une longue distance nous sépare de l’hôtel. Tout autour, des arbres, la chaleur et pas un être vivant. Nous laissons Laurent et le scooter endommagé et nous partons chercher de l’aide avec Patrice, l’ami de Laurent que nous avons retrouvé quelques jours plus tôt. La piste finit par une impasse, nous devons rebrousser chemin. Nous décidons de redescendre vers la grande route, Laurent sur le scooter à plat. J’imagine déjà les longues heures à marcher et pousser ce scooter jusqu’à l’autre bout de l’île. Sur la grande route, nous croisons un groupe de jeunes hommes vietnamiens dont l’un d’entre eux essaie bon gré mal gré de communiquer. Aucun ne parle anglais, mais via une application de traduction sur le téléphone de Laurent, nous parvenons à leur faire appeler notre loueur de scooter qui ne parle pas un mot d’anglais et à leur faire expliquer où nous sommes et la raison de notre appel : la crevaison. De longues minutes d’échange s’écoulent. Nous nous pendons aux lèvres du Vietnamien, puis à la voix de la traduction automatique ; le résultat est mitigé. Nous ne sommes pas plus avancés ; les progrès restent à faire en terme de traduction instantanée. Laurent finit par partir avec le Vietnamien, à l’arrière de son scooter, à la recherche d’une chambre à air. Par malchance, c’est jour de fête sur l’île, ou plutôt jour de Têt : tout est fermé. Ils reviennent quelques minutes plus tard bredouilles. Il fait très chaud, un enfant joue avec de vrais billets après nous avoir longuement observés. Soudainement, deux scooters couverts de la tête aux pieds surgissent et se démasquent : il s’agit d’employés de notre hôtel qui prennent en charge le scooter défectueux. Nous finissons notre journée en taxi ; la note est salée mais nous passons par Sao Beach, magnifique plage au sable livide et parfois coupant ; puis retour vers Duong Dong. Dehors, les vietnamiens sont tout à leur célébration du Têt. Trois jours fériés qui annoncent les vacances scolaires et des hordes de vietnamiens investissant les stations balnéaires.

A plusieurs reprises, nous assistons à la danse du dragon plus ou moins acrobatique effectuée par des enfants ou des adolescents sur le tempo d’un tambour et d’une grande cymbale ; le dragon jaune se mouvant autour d’un personnage masqué souvent vêtu de rouge. A la nuit noire, un feu d’artifices incroyable a lieu. Il s’agit d’un bouquet final qui dure au moins vingt minutes sans jamais faiblir. Nous restons bouche bée. Pas un applaudissement à la fin. Quel peuple étrange !

Dernière après-midi au repos devant une piscine du Paris Beach, hôtel donnant sur la plage, au calme, pour reprendre quelques forces et digérer Phu Quoc. Demain, départ pour Ha Tien.

Louer et négocier un scooter pour plusieurs jours, il vous rendra bien des services afin de faire quelques sorties et bouger le long de Long Beach.

Avis et infos pratiques Phu Quoc

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Long Beach est le cœur de Pho Quoc pour tout ce qui est restauration, plages et hotels. Les autres plages sur l’île sont souvent sales, sauf Sao Beach (Sud-Est) qui est impressionnante avec son sable blanc très fin.

Le Nord Ouest est squatté par des gros complexes hôteliers et un genre de Disney-Land (Vinepearl). Safari proposé au milieu de Gibbons (mais pas fait). Le Nord Est se compose d’un parc national invisitable et d’une côte autant polluée qu’abandonnée.

Dans le Sud-Ouest nous avons beaucoup roulé sur une autoroute en construction avant de sortir des sentiers battus et rouler sur un chemin le long du dernier quart sud-ouest de la côte. Traversé de villages pittoresques. Découverte d’une belle plage (mais pas baignable).

C’est donc globalement une déception, surtout si vous n’êtes pas fan de lieux occidentalisés avec des ressorts qui s’enchainent le long d’une plage. La qualité des infrastructures apportent tout de même un confort agréable pour passer quelques jours de repos.

Coup de cœur : le Paris Beach Hotel est très accueillant, présente une bonne carte restauration et dispose d’une piscine bien entrenue. Une grosse dizaine de transat sur la plage et plutôt isolé des autres resorts.

 

Photos Phu Quoc

3 reflexions sur “Nos journées à Phu Quoc

  1. Chedanne Jean-Paul

    C’est bien on voyage tranquille… et avec des yeux fureteurs pour nous montrer l’envers des décors… Continuez, cela nous fait oublier la neige tombée ce vendredi… Les poitevins vont arriver. Deux nouvelles luges les attendent pour leur semaine Lozérienne…

  2. Thérèse Heimst

    Ici à Lanslevillard les « surprises » se limitent aux alternatives d’éclaircies, de chutes de neige et de glisse ; avec Paul et Jules se sont de bons moments partagés. Bonne route à tous les deux et à bientôt

    1. lolozere

      Mercu Thérèse. La première fois que nous sommes allés dans la vallée de la Maurienne avec Steph, la beauté du paysage et du relief a été aussi un belle surprise. Un endroit où l’on se sent serein. Bonne glisse hivernale !

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